Il est évident que nous ne verrons pas les petits logos AB pour la France, ou Eurofeuille pour l’Europe sur toutes nos bouteilles de vin, mais la dynamique du Bio est lancée et l’on estime que la part des vins reconvertis croît de 20% par an.


Les mentalités évoluent et nombre de viticulteurs, mis en danger par l’utilisation systématique de produits phytosanitaires chimiques d’une part, et soucieux de rétablir un équilibre naturel d’autre part, sont devenus de fervents défenseurs d’une agriculture propre, et raisonnée. Le constat est sans appel : avec les moyens techniques actuels, on peut produire des vins bios de très haute qualité sans mettre en danger l’ensemble du vignoble. On peut prévoir une météo favorable au développement du sinistre mildiou (responsable de l’anéantissement des vignobles français au début du 20ème siècle), et agir en conséquence. On peut également à nouveau favoriser le développement des bactéries naturelles nécessaires au bon développement de la vigne, en régénérant les sols appauvris par l’utilisation intensive de pesticides éradiquant tout sur leur passage (le mauvais, mais surtout le bon).


Les précurseurs de ce type de culture et champions toute catégorie en France, sont les viticulteurs du sud de la France (Languedoc Roussillon et Provence Alpes Côte d'Azur) qui représentent aujourd'hui plus de la moitié de la superficie viticole convertie en culture Bio. Cependant, même si peu de grands domaines communiquent sur le Bio, du moins sur leurs étiquettes, il s’avère que la recherche de l’excellence se traduit déjà par des pratiques raisonnées et naturelles. Si cet argument est le plus repris par l’ensemble de la profession, il est effectif dans la quasi-totalité des Grands Crus de Bourgogne ou de Bordeaux.


A Bordeaux, peuvent être cités le Château Guiraud en Sauternes, le Château Pontet Canet en Pauillac, et plus récemment le Château Palmer à Margaux. Mais, je le répète bon nombre de Grands Crus sont déjà très engagés dans la voie du Bio sans pour autant en avoir l’agrément.


En Bourgogne, Beaucoup de petits propriétaires ont déjà converti leurs cultures en biodynamie ou du moins en cultures biologiques. De grands noms également comme Rossignol-Trapet à Gevrey-Chambertin, Thibault Liger-Belair à Nuits-Saint-Georges ou Hubert de Villaine (Romanée Conti) à Bouzeron.

 


Les vins sont bons, très bons même s'ils sont généralement un peu plus onéreux que leurs homologues "chimiques".